dimanche, février 14, 2010

* EPILOGUE *


Lorsque je suis revenu vivre à Paris après six années d'absence, j'ai ressenti le besoin de me réapproprier la ville... Et c'est dans le métro que j'ai voulu en faire l'expérience.

Dans les early '80s, Keith Haring recouvrait sans autorisation les affiches publicitaires du métro new-yorkais de ses dessins, sans se cacher, afin de pouvoir susciter la réaction des usagers.

C'est inspiré par cette démarche que j'ai voulu trouver le moyen de recouvrir les murs du métro parisien, en pleine journée, sans être "pénalisable" par la loi pour dégradation...
J'ai alors décidé d'utiliser du carton et du papier kraft comme support pour peindre et dessiner.
Mais n'étant pas particulièrement doué en dessin, je voulais trouver quelque chose de simple et d'identifiable par tous. J'ai donc pensé à un symbole universel : le coeur.
Pour finir, c'est avec du scotch double face que j'allais fixer mon bazar sur les murs du métro. Ca s'installe vite ! Et ça s'enlève vite... C'est éphémère, donc en théorie, ça ne dégrade pas !

L'opération "Street Heart" a duré 30 jours et voici ce que j'ai pu retenir de cette expérience :
J'ai tout d'abord été touché par l'enthousiasme de mon entourage à l'évocation du projet et parfois même de son investissement.
Mais d'avantage, c'était le regard que pouvait porter les usagers du métro qui m'intéressait... Avec la plus grande candeur du monde et un projet encore à ses balbutiements, mes premières rencontres ont été avec les employés de la RATP. C'est souvent d'un ton autoritaire qu'on me demandait fissa de plier bagage, mais une fois devant la naïveté du projet, leur attitude à mon égard s'est toujours adoucie. Certains même se sont rendus complice de Street Heart en essayant de trouver une alternative à leurs obligations. Le but de ma démarche fonctionnait donc.
Pour ce qui est des usagers, il m'aura fallu 30 jours pour recueillir peu de réaction, mais suffisamment pour me satisfaire; Des curieux, des sceptiques, des rêveurs, des réacs et des amoureux m'auront fait part de leurs sentiments à chaud, le plus souvent enthousiastes.

Pendant ces 30 jours, je n'ai été contraint que 5 fois de remballer;

j'ai fait la connaissance d'une douzaine de personnes;

Et j'aurai dessiné, découpé et collé en tout environ 1800 coeurs.

Cette opération n'était qu'un premier opus, un poil maladroit, que je tenterai d'améliorer au fur et à mesure des rencontres et des expériences. Mais celui-ci n'aurait pas été possible sans le soutien et la participation d'un certain nombre d'entre vous que je souhaite remercier chaleureusement :
Franck, Christian, Clément, Céleste & Ma Petite Personne, Bastien, Andrea, Charlotte et Chloé.